Objectifs et Interdisciplinarité

Il s’agit de déterminer pourquoi certaines inscriptions ont été réalisées sur ce matériau qui, tout en gardant le prestige du marbre, était bien moins onéreux que les marbres italiens, grecs ou africains.
Pour répondre à cette question, qui touche en même temps aux questions économiques (la valeur du marbre) et sociales (la renommée et la mémoire des protagonistes d’une inscription), le projet ROMAE s’appuie sur l’étude interdisciplinaire de la documentation épigraphique en marbre en ciblant d’une part le message écrit et d’autre part les caractéristiques et l’origine du matériau sur la base d’analyses archéométriques.

Ce projet est décliné, donc, en trois actions scientifiques : la collecte des données épigraphiques, la création de la base de données analytiques référentielle et les études de provenance, pour, finalement, aboutir à l’intégration ainsi qu’à  l’interprétation des résultats obtenus.

Etablir l’origine du marbre, à travers une identification archéométrique confirmée, s’avère indispensable car nombreuses sont les carrières de marbre en Hispanie et en Aquitaine. Ces marbres, indifférenciables à l’œil nu, nécessitent d’être étudiés par des méthodes scientifiques classiques (MOP, CL, ISMR, DRX, MEB-EDX, …) mais le projet ROMAE vise aussi à développer des recherches méthodologiques novatrices (LIBS, spectroscopie Raman, spectrophotométrie et RMN) pour augmenter la capacité des études discriminantes sur les  marbres.
L’établissement d’un référentiel est indispensable pour confronter les données analytiques des affleurements géologiques avec les données analytiques acquises sur les matériaux  des inscriptions dans le but d’identifier leur provenance.

Une fois l’origine des marbres établie, il sera possible de définir des aires de distribution et, avec elles, des flux commerciaux et humains qui ont permis de « graver dans le marbre », mais à moindre coût, les dédicaces, les hommages et les épigraphes des habitants de l’Aquitaine et des provinces hispaniques.