París: Llums i Revolució

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Arxiu per Març, 2009

Mar 30 2009

Le marquis de Maintenon et l’esclavage antillais

Le marquis de Maintenon et l’esclavage antillais

Article paru dans l’édition du 10.03.09 (Le Monde)

Pierre Bezbakh

Chacun admet aujourd’hui que les événements qui se sont produits à la Guadeloupe et à la Martinique ont des causes lointaines et structurelles. Elles remontent à l’époque où les Antilles françaises, comme les autres îles des Caraïbes et le Brésil, participèrent au « commerce triangulaire », de la fin du XVIIe siècle au début du XIXe : les navires anglais, partant de Liverpool ou de Bristol, et leurs équivalents français, partant de Bordeaux, Nantes ou La Rochelle, allaient chercher des esclaves sur la côte occidentale de l’Afrique, qu’ils vendaient ensuite aux planteurs européens installés aux Amériques.

Les esclaves étaient utilisés dans de grandes exploitations agro-exportatrices, produisant surtout du sucre, du cacao, du café, du tabac et du coton, ce dernier devant jouer un rôle majeur dans la révolution industrielle anglaise de la fin du XVIIIe siècle. On estime à plus de 10 millions le nombre d’Africains capturés par les chasseurs d’esclaves, dont 1 million à destination des seules Antilles françaises.

Les corsaires français, anglais et hollandais étaient présents dans cette région depuis le milieu du XVIe siècle : ces trois puissances, exclues de la mainmise hispano-portugaise sur l’Amérique centrale et du Sud, s’attaquaient aux galions espagnols afin de piller le butin que ces navires rapportaient vers la péninsule ibérique.

Mais au début du XVIIe siècle, leur stratégie changea : il s’agissait maintenant de s’engager dans la voie d’une implantation durable aux Caraïbes et en Amérique du Nord, en favorisant l’installation de colons commerçant avec les métropoles.

En 1626, un flibustier normand, Pierre Belain d’Esnambuc, obtint le soutien de Richelieu pour s’emparer de Saint-Christophe, de la Martinique et de la Guadeloupe, où il entreprit l’extermination des Indiens. La main-d’oeuvre locale faisant défaut, il fallut donc aller la chercher ailleurs.

C’est ce que fit Charles François d’Angennes, marquis de Maintenon (1648-1691), l’un des initiateurs français de l’esclavagisme antillais. Héritier du fief et du titre de marquis, il s’engagea comme enseigne de vaisseau dans la marine royale en 1669, et se vit confier le commandement d’un navire, la Sybille, en 1672. Il s’en alla alors combattre les flibustiers hollandais de l’île de Curaçao et les bateaux anglais basés à Saint-Domingue

Revenu en France en 1673, il vendit son château et son titre à Françoise d’Aubigné, favorite de Louis XIV, qui devenait ainsi marquise de Maintenon. Puis, en 1675, il quitta Nantes au commandement d’un navire de guerre partant à nouveau combattre les flibustiers au nom du roi.

ACTIVITÉ TRÈS LUCRATIVE. Devenu gouverneur de Marie-Galante, Charles François d’Angennes s’installa au village du Prêcheur. Il signa un contrat avec la Compagnie du Sénégal, créée par Louis XIV en 1673, et spécialisée dans la traite négrière : elle s’engageait à livrer 1 600 esclaves africains en quatre ans.

Puis il obtint du roi, en 1682, le monopole du commerce entre le Venezuela et les Antilles françaises, et le droit de raffiner du sucre sur place, alors que les autres planteurs devaient exporter la matière brute vers la France.

Possédant environ 200 esclaves en 1685, il était devenu le plus riche planteur de canne à sucre de la Martinique. Cette activité fort lucrative suscita un grand intérêt pour cette production. Mais les petits planteurs qui avaient trafiqué avec les flibustiers ayant été éliminés, elle resta concentrée entre les mains d’un nombre limité de planteurs, qui accaparèrent l’ensemble des terres exploitables et furent à l’origine d’une demande croissante de « bois d’ébène » africain.

Si l’esclavage fut aboli durant la Révolution française, il fut rétabli ensuite en 1802 par Bonaparte, pour ne disparaître qu’en 1848, à l’initiative de Victor Schoelcher. Mais les structures sociales héritées du temps de la traite n’ont pas été totalement effacées, l’assistanat de la métropole se contentant de rendre supportable les inégalités… sauf en temps de crise !


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Mar 05 2009

GOOGLE: “la República de les Lletres”?

Una interessant reflexió sobre els llibres que tenim a l’abast dins de “Google” a cura de Robert Darnton, historiador i director de la biblioteca de Harvard. En el número d’aquest mes de març de “Le Monde diplomatique” podem llegir:

 

La bibliothèque universelle, de Voltaire à Google

 

En offrant au plus grand nombre une masse toujours croissante de connaissances, Internet réalise-t-il le rêve des Lumières ou prépare-t-il le cauchemar d’un savoir public livré aux appétits privés ? Grâce à — ou à cause de — Google, ces questions n’ont plus rien d’abstrait. Ces quatre dernières années, le célèbre moteur de recherche a numérisé et mis en ligne des millions d’ouvrages puisés dans les fonds des plus grandes bibliothèques universitaires. Pour les auteurs et éditeurs, cette opération constituait une violation flagrante du copyright. Après de longues négociations, les parties ont abouti à un accord qui devrait bouleverser la façon dont les livres parviennent à leurs lecteurs. Si les contours légaux et économiques du nouvel espace qu’instaure cet arrangement restent flous, l’objectif des directeurs de bibliothèque est clair : ouvrir leurs collections et les rendre disponibles à tout lecteur en tout lieu. Un projet simple en apparence, mais sans cesse entravé par les contraintes sociales et les intérêts économiques. Tout comme, il y a deux siècles, celui de la république mondiale des lettres.

Podeu seguir la reflexió de Darnton a: http://www.nybooks.com/articles/22281


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