París: Llums i Revolució

El blog de la història de França i la ciutat de París

març 18 2010

Ressenya del llibre de Michel Biard

Et la Révolution, dans tout ça ?

Article paru dans l’édition du 19.02.10 a Le Monde

Après des décennies de batailles idéologiques, l’ouvrage collectif dirigé par Michel Biard témoigne d’un retour à l’érudition

 

le combat des chefs est terminé : « Soboul est mort, Furet est mort, et moi-même je ne me sens pas très bien… » Par cette pirouette, vingt ans après les célébrations du bicentenaire de la Révolution française, point culminant de l’affrontement entre les écoles marxiste et libérale, Michel Vovelle souhaite signifier que l’heure est à l’apaisement.

 

Dans sa préface à La Révolution française. Une histoire toujours vivante, l’ancien élève d’Albert Soboul, violemment critiqué par François Furet (dont il ne peut s’empêcher de pointer le « succès posthume immérité »), entend avant tout souligner le dynamisme incontestable de la recherche actuelle, moins exposée depuis la fin des commémorations.

Erudition solide

C’est précisément l’objet de ce copieux collectif coordonné par Michel Biard, directeur des Annales historiques de la Révolution française. A l’origine, il s’agissait de répondre au Livre noir de la Révolution française, paru aux éditions du Cerf en 2008. Ce dernier ouvrage n’ayant pas eu le retentissement escompté, malgré la présence de plusieurs contributeurs médiatiques (Stéphane Courtois, Emmanuel Le Roy Ladurie ou Jean Tulard), le projet changea quelque peu de nature, mais il fut tout de même mené à bien. Le résultat est un riche tour d’horizon des recherches menées en France sur la Révolution, qui témoigne d’un tournant : le retour, après des décennies de batailles idéologiques, à une érudition plus solide. En une trentaine de synthèses, agrémentées de courtes bibliographies, chose appréciable dans un domaine où la production historiographique a quelque chose de vertigineux, les auteurs abordent des sujets très variés.

Il peut sembler significatif que l’éternelle controverse sur les causes de la Révolution soit évoquée dans un seul et bref article, intitulé « La faute à Voltaire ? La faute à Rousseau ? », où Marc Bélissa articule le lien entre les Lumières et le mouvement de 1789 . « Les idées des Lumières n’ont pas été «appliquées» par les révolutionnaires, elles ont été les éléments avec lesquels ils ont essayé de bâtir leurs propres conceptions », souligne-t-il, alors que dans une brillante synthèse sur la politique scolaire, Luc Chappey récuse l’idée simpliste d’un échec de la pédagogie des révolutionnaires, « vaste entreprise qui vise, selon les principes issus de la philosophie sensualiste, à perfectionner les hommes ».

Vivant et érudit, l’ensemble constitue un tableau des enjeux historiographiques du moment. On regrettera pourtant que les articles évacuent pour la plupart la perspective mondiale et celle du temps long, s’en tenant à la seule France de la décennie 1789-1799, coupant la dynamique révolutionnaire à la fois de ses racines (les Lumières) et de ses prolongements (les luttes du XIXe siècle). De même, les influences étrangères et les révolutions contemporaines, hormis le cas très particulier de Saint-Domingue, sont à peine évoquées.

On s’étonnera enfin, malgré l’apport considérable, depuis un demi-siècle, des historiens étrangers, qu’aussi peu d’entre eux aient été sollicités. Est-il possible aujourd’hui, si l’on souhaite dresser un tableau de la recherche sur la Révolution, de ne solliciter aucun membre d’une université américaine, alors même qu’à l’heure actuelle les chercheurs sur le sujet sont plus nombreux aux Etats-Unis qu’en France ?

Jérôme Gautheret


This entry was posted on dijous, 18 març, 2010 at 3:36 and is filed under Actualitat i novetats del Blog. You can follow any responses to this entry through the feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

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