Poema: Versión en francés de la “Invocació a Frederic Mistral”, de Josep Maria de Sagarra.

En esta ocasión, me atreví con el impresionante poema de Sagarra “Invocació a Frederic Mistral“. Creo no haberle traicionado demasiado en alguna interpretación un tanto osada. En homenaje a mi estimada Suzanne Privat-Teissedre utilicé el francés y espero que los usuarios de esta lengua no sean demasiado rigurosos en su valoración. Por lo demás, el poema de Sagarra me sigue atrayendo muchísimo. No tanto por los guiños políticos o históricos sino por la descripción de la bellísima  Provenza, de su paisaje y de sus cosas, de su eterna Magalí, salvaje y de rostro fino.

*

« Invocation à Frédéric Mistral »

 

                            Version en français, en mémoire de Suzanne Privat-Teissedre, Roquemaure, Provence.

 

Sur l’asphalte bourdonne la roue bouillante,

Et il y a un vernis nacré à la plage.

La dent de nickel invente nous rythmes,

Et tout est neuf avec neuf maquillage.

 

Le désir avec la machine  raccourcit,

Le gant acajou crevasse le maxillaire,

Et l’écume du cheval de course

Éclabousse avec diamants la piste verte.

 

Nous vivons avec la joie enterrée

Et nous habitons dans l’artifice de la tristesse,

Et nous sommes vendus tout à fait et chaque jour

Meurt au ciel quelque étincelle enflammée.

 

***

Mais notre voix défigurée

Avec cette inquiétude d’aujourd’hui fait fête,

Parce qu’il y a un maillot sur la peau fatiguée,

Un maillot frais avec le sel de la tempête actuel.

 

Ah, nous ne captons pas la nette mélodie,

Nous vivons sous une ombre large,

Mais nous ne renions pas du nôtre jour,

Nous ne voulons pas un autre printemps.

 

Nous vivons notre temps parce que c’est le nôtre,

Avec poignard ou avec voix parasitaire,

Mais nous savons que nôtre parfum du rostre

Est un parfum acide, un parfum de machinerie.

 

***

Sur le couleur de nôtre chemise

Nôtre paresse luit,

Nous sommes citoyens avec une folie grise,

Mais nous aimons de temps en temps la grâce

 

D’une branche d’olivier de cendre pure,

Ou du sang d’une cerise vive,

Ou d’une bouture résineuse de la nature

Sauvage et primitive.

 

Nous aimons savoir que les charrues antiques

Pénètrent dans les humidités violâtres,

Et que dans les troupeaux il y a un pleur de tontes

Qu’est aussi à l’herbe des prairies.

 

Nous accoutumons nôtres nerfs défiants

A contempler les paysages millénaires

Et les nids des rossignols que ne changent pas.

Et tout cela est un repos pour nos fièvres et nos délires.

 

***

 

Heureux soit qui a trouvé la parole :

Il a pureté aux entrailles,

Il peut dire d’une manière neuve

Le secret immuable des montagnes !

 

Heureuse soit la pensée que ne refroidit pas

Devant du vol aigu des alouettes,

Et définit éternités de soie

Au-dedans de la fragile essence des roses.

 

***

 

Et pour ça, Frédéric, aujourd’hui

Mon souvenir salue les escaliers

De ta villa et ta barbe de farine

Et ton chapeau de provençal avec les bords larges.

 

Et je salue aussi ta pommette de couleur de miel et de cidre,

Et les oeils que, à les nuits plus arides,

Ont un tremblement de pourpre et de vitre

Que fait luire le dos des cantharides.

 

Et pour cela, Frédéric, très fatigués,

Fatigués de distiller les herbes amères,

Nous aimons ton élan brun

Du dompteur de taureaux à la Camargue.

 

En toi les paroles sont vives,

Tu extraits chair et sang même des cendres,

Et tu as fait les olives plus brillantes

Et plus tendres les lèvres de les jeunes filles.

 

***

 

Nous connaissions la pousse que tu rêvais,

Nous savions que Magali est sauvage et qu’elle a le visage fin,

Mais avec vos mots ces choses bleues

Nous posent une larme à la pupille.

 

Ta volonté commence

Là où les savants finissent sa stridulation ;

Grâce à toi Provence est plus Provence

Parce que tu l’as peint avec tes lèvres.

 

Parce que dans le cœur deux vents t’accompagnaient,

Un vent caresse et l’autre vent effraie,

Et tu es aussi comme un dieu qui épie toute chose

Et tu as une allure de berger que seulement chante.

 

***

 

Nous cherchons les merveilles

dans ta œuvre tranquille,

Et nous trouvons l’huile et le vin, la laine et le fromage,

Tous ces dons antiques  et éternels.

 

Nos langues et nos rostres sont différents

Mais il y a une liaison entre toi et nous, c’est vrai,

Tu n’es pas étranger,

Tu es le frère majeur de la même race.

 

Les ans s’écoulent, mais tu as la verdeur des peupliers,

Tu es de plus en plus vif,

Plein d’abeilles et de vers à soie

Et plein du nôtre soleil à ton visage.

 

Mon lèvre ne doute pas :

Notre cœur n’est pas loin!

Oh Frédéric! Archange de la Provence !

Prie au bon Dieu pour les vignes de la Catalogne.

 

 

Version de Joan Amenós Álamo.

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Acerca de Joan Amenós Álamo

Professor de Dret Administratiu
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